Meduan’actu #3 : Mayenne, la dérive d’une mairie socialiste.
- Meduana Noctua
- 15 sept. 2025
- 10 min de lecture
Depuis mars 1971 Mayenne est administré par des mairies socialistes. Cette succession de municipalités de gauche a laissé des traces sur les questions sécuritaires, identitaires et économiques. Dans ce troisième numéro de Meduan’actu nous allons aujourd’hui nous intéresser aux conséquences du socialisme sur une commune moyenne de province.
Située au cœur du département de la Mayenne, dans la région des Pays de la Loire, la ville de Mayenne est une commune d'environ 13 000 habitants (selon les dernières estimations). Traversée par la rivière du même nom, la commune repose sur un équilibre entre tradition agricole et industries modernes ce qui fait d’elle le principal point d'attraction du nord du département.
Sécurité : Administrée depuis 2020 par Jean-Pierre Le Scornet, ce dernier a déclaré en 2023 : “La sécurité, ce n’est ni de droite, ni de gauche, c’est un bien commun. Quand il y a insécurité, elle touche d’abord les gens les plus précaires.” Mais qu’en est-il dans la commune ?
A la sortie du confinement, en 2020 la commune comptait 500 actes délictueux contre 600 en 2019 cette nette baisse est imputable à une forte baisse des atteintes aux biens. Mais cette baisse n'a duré qu’un temps. En 2023, dernière année avec des données détaillées, 535 crimes et délits ont été recensés à Mayenne, soit un taux de criminalité de 41,47 pour 1 000 habitants (population : 12 900 habitants). Pour 2024, les chiffres précis au niveau communal ne sont pas encore pleinement disponibles, mais les tendances départementales indiquent une hausse globale de 2 % de la délinquance. La commune de Mayenne suit les tendances du département, classé 15e département le plus sûr de France en 2024. Cependant, le taux de criminalité local est supérieur de 7 points à la moyenne départementale (34,7 ‰)
Le type de délinquance évolue aussi. En effet, les coups et blessures volontaires ont fortement augmenté entre 2016 et 2023 (+143,64 %), avec 91 victimes en 2023 (7,05 ‰). Cette catégorie inclut les violences intrafamiliales, en hausse de 13,64 % sur un an, Les violences sexuelles, bien que moins détaillées au niveau communal, suivent la hausse départementale de 18,75 % en 2024. Les infractions liées aux stupéfiants (149 cas en 2023, 27,85 % des délits) ont diminué sur un an : l’usage de stupéfiants a chuté de 72,94 %, bien que le trafic ait légèrement augmenté (+18,75 % de mises en cause), cette baisse n’est qu’une illusion, en effet, la consommation n’etant puni que d’une amende, il est envisageable que beaucoup de cas soient passé sous le tapis. Cette baisse n’est pas imputable à la mairie, preuve en est que le nombre de poursuites contre les trafiquants a augmenté. Pour terminer sur les chiffres: en 2023, les vols et cambriolages représentaient 204 cas, soit 38,13 % des crimes et délits dans la commune, les vols dans les véhicules ont diminué de 38,46 %, et les vols d’accessoires sur véhicules ont chuté de 100 %. Mais cette baisse des vols sur les véhicules est tempérée par le nombre de cambriolages qui a augmenté de 70 % entre 2016 et 2024 et surtout les escroqueries ont explosé avec une hausse de 68,33 % sur une année, constituant un sujet de préoccupation pour les Mayennais.
En somme la ville de Mayenne s’inscrit dans la tendance globale des pôles urbains qui concentrent une immense partie de la délinquance sur un nombre restreint de communes.
Mais qu’a fait la mairie pour améliorer le quotidien des habitants ?
La majorité socialiste n’est jamais moteur, c’est bien souvent l’opposition qui est porteur d'idées et qui tente de déplacer à Mayenne la fenêtre d’ouverture sur le sujet (comme lors du conseil municipal de décembre 2023 où la mairie de Mayenne a voté en faveur de l’adhésion au dispositif de participation citoyenne. Ce programme, initié à la demande d’habitants et proposé par l’élu d’opposition Jean-Yves Bréhin en mai 2023, vise à impliquer les citoyens dans la prévention de la délinquance.)
La mairie de Mayenne s’inscrit dans le plan départemental de restauration de la sécurité du quotidien, lancé par l’ancienne préfète Marie-Aimée Gaspari le 21 février 2025. Ce plan, soutenu par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, cible les enjeux spécifiques du département, comme les cambriolages (+30 % depuis 2022), les violences intrafamiliales, et le trafic de stupéfiants, mais encore une fois les socialistes ne sont jamais à l’avant garde pour tenter d’améliorer la sécurité des Mayennais, c’est ici la préfecture qui tente de freiner l’évolution. Plus étonnant, la ville touche des fonds interministériels de Prévention de la Délinquance. Les rapports publics ne détaillent pas les projets exacts financés à Mayenne, rendant difficile l’évaluation de leur efficacité.
En janvier 2025 la mairie de Mayenne a acté la création d’une police municipale pour la commune. Cette décision, entérinée le 24 avril 2025, marque un tournant, car le maire Jean-Pierre Le Scornet, initialement opposé à l'idée en 2020, a réévalué sa position face à l'évolution du contexte sécuritaire. Cette réévaluation du maire montre que sa politique menée pendant 4 ans est un échec et une perte de temps. Cette police municipale nous pose également question quant à son utilité politique au vu de ce qui est décrit sur le site de l’offre d'emploi de la mairie pour le recrutement des fonctionnaires. Jean-Pierre Le Scornet, initialement réticent, a justifié la création de la police municipale par une demande croissante des habitants, les nombreux témoignages que nous avons reçus nous font part d’un lien avec les commerçants et les habitants fortement compromis et quelques cas de désobéissance citoyenne; cette police pourrait donc servir de police politique pour le maire, il est d’ailleurs demandé sur l’offre d'emploi d'avoir “une parfaite connaissance des pouvoirs de police du maire.” Nous souhaitons également prévenir que cette police sera également une nouvelle attaque envers les automobilistes de Mayenne après les aménagements farfelus de la mairie, en effet il est demandé toujours sur l’annonce de la mairie “d’assurer des contrôles réguliers et veiller au respect du code de la route” . Cette idée de racket des automobilistes peut être appuyée par le fait que la mairie n’a pas précisé comment elle gérera les coûts à long terme (salaires, maintenance des équipements.)
Conclusion : La commune de Mayenne, dirigée par Jean-Pierre Le Scornet, fait face à une délinquance en hausse, marquée par une explosion des escroqueries (+68,33 %) et des violences intrafamiliales (+13,64 %), malgré une baisse de certains délits comme les vols liés aux véhicules. Si la mairie s’inscrit dans des initiatives comme le plan départemental de sécurité, le dispositif de participation citoyenne, et le financement du FIPD, ces mesures semblent souvent portées par des pressions externes (opposition, préfecture, habitants) plutôt que par une vision proactive de la majorité socialiste. La création d’une police municipale en 2025, un pas significatif, soulève des inquiétudes quant à son financement, son rôle potentiellement politique, et sa capacité à répondre efficacement aux défis locaux, notamment face aux escroqueries complexes et aux violences intrafamiliales. Cette initiative, motivée par une prise de conscience tardive du maire après quatre ans d’inaction, risque de se limiter à une gestion de surface des incivilités et à des contrôles routiers, au détriment d’une stratégie globale pour restaurer la sécurité et la confiance des Mayennais, en particulier des plus précaires, comme le maire lui-même l’a souligné.
Identité
En somme, l'affaire du Bal des Ardentes à Mayenne illustre parfaitement les tensions idéologiques qui traversent notre société contemporaine, où la préservation de l'héritage chrétien et culturel se heurte à des initiatives artistiques provocatrices et blasphématoires.
L'annulation de la soirée le 23 mai 2025, telle que rapportée par Ouest-France, n'est pas seulement une décision pragmatique de la mairie pour "ne prendre aucun risque" face à des menaces électorales et à une mobilisation populaire massive, mais une victoire symbolique pour les défenseurs de la mémoire catholique mayennaise. Ce succès est le fruit d'une union exemplaire des citoyens autour d'un projet commun : respecter les lieux de culte et empêcher leur profanation. Le maire Jean-Pierre Le Scornet, dans une posture typiquement socialiste “d'en même temps", a certes fait retirer les affiches de l'association de gauche "Remettre l'église au milieu du village" mais tente de reprogrammer un "bal des sorcières". Mais cela ne masque pas l'hypocrisie sous-jacente : dans son budget 2025 la mairie continue de subventionner Le Kiosque, une association culturellement active mais dont l'historique soulève de sérieuses interrogations sur son respect des symboles chrétiens.
En effet, en 2013, lors de la Nuit Blanche organisée par la ville de Mayenne, Le Kiosque a été impliqué dans la diffusion de la vidéo “Lise” d'Adel Abdessemed, projetée dans la crypte de la basilique Notre-Dame-des-Miracles. Cette œuvre, qui remplaçait l'Enfant Jésus dans l'icône de la Vierge à l'Enfant par un porc, a été largement dénoncée comme un acte blasphématoire et anti-chrétien, suscitant une vive polémique pour son caractère sacrilège et provocateur. Bien que l'événement ait été retiré de la crypte sur intervention du curé local, qui a exigé son retrait pur et simple, cette initiative révèle une orientation idéologique qui va bien au-delà de l'art contemporain : une volonté de subvertir les fondements de l'identité mayennaise, ancrée dans une tradition catholique millénaire.
Cette implication n'est pas isolée ; elle s'inscrit dans un panel d'actions qui, sous couvert de "thérapeutique et résistant", flirtent avec l'anticléricalisme militant, comme en témoigne la description même du Bal des Ardentes : un "rituel" invitant à des gestes physiques intimes dans un ancien couvent abritant des tombes de religieuses.
Economie
En plus d'organiser la déchéance morale et sécuritaire de la ville, la ville de Mayenne organise la déchéance budgétaire de la ville et des administrés.
Même si à première vue le budget de la mairie semble à l’équilibre et la dette, même si elle est de 26 millions d’euros, est en dessous de la moyenne nationale des communes de même taille.
Mais en réalité la politique de la municipalité ne s’attaque pas aux comptes de la commune mais elle s’attaque aux particuliers et aux commerçants. L’exemple le plus connu des habitants de la commune est sans aucun doute celui du jardin éphémère. Ce jardin qui a coûté depuis 2023 au moins 70 000 € selon nos estimations (malgré l’endettement) aux contribuables mayennais en plus de créer des nuisances selon les riverains. Plus étonnant, des faux profils ont été créés sur Facebook pour tenter de simuler une illusoire joie des habitants autres que celle des bobos du centre-ville.
Bien que ce jardin existe, le centre-ville est largement perçu comme moribond. En effet, une simple promenade dans le centre révèle une augmentation annuelle des commerces vacants et des bâtiments à l'abandon. Les commerçants de la place où se situe le projet mentionné précédemment se sentent pénalisés. Ils signalent une baisse de leur chiffre d'affaires, avec des pertes pouvant atteindre 5 000 € pour certains, en raison de la suppression de places de parking et du déplacement du marché.
L’exemple récent du bâtiment qui menaçait de s'effondrer dans le centre ville à montré une fois de plus l’incapacité de la commune à aider ces commerçants. Une rue bloquée, des fermetures et… pas grand chose d’autre.
Comme dans le reste du département, les liquidations judiciaires ont augmenté de 12 % en 2024. Les petites entreprises locales, comme les commerces de proximité, souffrent de la concurrence des grandes surfaces et des plateformes en ligne, réduisant l'activité économique dans le centre-ville.
Et si les commerçants se sentent abandonnés, une autre explication de la baisse de fréquentation des commerces est sans doute une perte de pouvoir d’achat. En cause le coût de la vie certes mais aussi la politique de la commune. Voici d’ailleurs une liste des augmentations qu’ont subies les Mayennais :
- Taxe foncière sur propriétés bâties (TFPB) + 3% en 2023
-Taxe foncière sur propriétés non bâties + 3% en 2023
-Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) +10 % en 2023
-Taxe d'habitation (résidences secondaires) + 3% en 2023
-Frais de notaires (droits de mutation) + 0,5% (départementale)
La commune en somme est victime d’un déclassement qui s'explique également par un léger déclin démographique (-0,1 % par an) et un vieillissement de la population. La rentrée 2025 montre une baisse des effectifs scolaires (-3,5 % de collégiens dans le département), signe d'une population active en diminution. Cela réduit la vitalité économique et la demande de services locaux. La crise agricole a également une influence importante dans ce déclin. La ville dépend indirectement de ce secteur. Les agriculteurs locaux, notamment dans les systèmes céréaliers et avicoles, subissent des pertes dues aux coûts élevés et aux restrictions d'eau (sécheresse récurrente en 2025). Cela affecte les fournisseurs et les commerces liés à l'agriculture.
En conclusion, les politiques municipales, loin de revitaliser la commune, aggravent la situation des commerçants et des habitants par des projets coûteux et mal perçus, comme le jardin éphémère, ainsi que par des hausses fiscales significatives. Le centre-ville, en déclin, souffre de la vacance commerciale, de l’abandon des bâtiments et d’une baisse de fréquentation liée à la perte de pouvoir d’achat et à des choix d’aménagement contestés. À cela s’ajoutent un déclin démographique, un vieillissement de la population et une crise agricole qui fragilisent l’économie locale. Sans une stratégie concertée pour soutenir les commerces, relancer l’attractivité et répondre aux besoins des habitants, Mayenne risque de s’enfoncer davantage dans cette spirale de déchéance.
Conclusion
Depuis 1971, la gestion socialiste de la commune de Mayenne a profondément marqué son paysage sécuritaire, identitaire et économique, avec des résultats contrastés qui interrogent l’efficacité des politiques menées.
Sur le plan sécuritaire, la hausse des escroqueries (+68,33 %) et des violences intrafamiliales (+13,64 %) reflète une délinquance croissante, mal anticipée par une majorité socialiste souvent réactive plutôt que proactive. La création tardive d’une police municipale en 2025, sous la pression des habitants et de l’opposition, illustre un manque de vision initiale, tandis que son financement et son rôle potentiel suscitent des inquiétudes quant à une instrumentalisation sur son interet réel.
Sur le plan identitaire, l’affaire du Bal des Ardentes révèle des tensions entre la préservation de l’héritage catholique et des initiatives culturelles provocatrices, comme celles soutenues par l’association Le Kiosque, subventionnée malgré ces controverses. Cette gestion ambiguë attise les divisions plutôt que de renforcer l’unité communale.
Économiquement, la commune subit un déclassement marqué par un centre-ville moribond, des commerces en difficulté, une hausse des liquidations judiciaires (+12 % en 2024) et des augmentations fiscales pesant sur le pouvoir d’achat des habitants. Des projets coûteux et mal reçus, comme le jardin éphémère, aggravent le sentiment d’abandon des commerçants et des riverains, tandis que le déclin démographique et la crise agricole fragilisent davantage l’économie locale. En somme, la gestion socialiste de Mayenne, caractérisée par une réactivité tardive et des choix contestés, peine à répondre aux défis sécuritaires, identitaires et économiques, risquant d’accentuer la spirale de déclin de cette commune rurale.
Une stratégie globale, concertée et ancrée dans les besoins réels des Mayennais est impérative pour inverser cette tendance et restaurer la confiance des habitants.




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